Entretien avec Serge Lhérisson, viticulteur et adhérent à la coopérative des Vignerons de Buzet.

11 Mai 2022 | Relation apiculteurs agriculteurs

Serge Lhérisson est aussi le gérant de la SCEA Gueyze et domaines. C’est un vignoble d’environ 80 ha d’un seul tenant, sur lequel ils se sont lancés dans la démarche BEE FRIENDLY en 2014.


Pour vous, que signifie votre engagement dans la démarche BEE FRIENDLY ?


Nous sommes engagés depuis plus de 10 ans dans de nombreuses pratiques en faveur de la biodiversité sur le vignoble de Gueyze (nichoirs, plantation de haies, semis de couverts végétaux dans les rangs de vigne).
BEE FRIENDLY nous a permis de prendre aussi en compte l’impact de nos pratiques sur les pollinisateurs, qui sont indispensables au bon fonctionnement de tout l’écosystème. Ils font un travail fondamental pour la nature, et sont très utiles ! Les pollinisateurs sont donc un très beau symbole de nos démarches en faveur de la biodiversité.


Concrètement, quels changements de pratiques implique pour vous le respect du cahier des charges BEE FRIENDLY ?


Le changement le plus important a concerné les traitements insecticides qu’il a fallu réaliser la nuit : cela a demandé une nouvelle organisation au niveau des salariés qui réalisent les traitements. On comprend cependant facilement qu’il vaut mieux appliquer ce type de produits en dehors de la présence des abeilles dans les vignes !On avait déjà décidé au niveau de la coopérative des Vignerons de Buzet de ne pas utiliser les produits les plus toxiques pour l’environnement. Nous avons donc croisé notre liste avec celle demandée par le cahier des charges BEE FRIENDLY, et nous sommes arrivés à trouver des produits efficaces et les moins nocifs possibles pour les abeilles.


La coopérative des Vignerons de Buzet s’est engagée depuis plusieurs années dans le respect de la biodiversité.BEE FRIENDLY permet d’aller encore plus loin. En 10 ans, quels changements avez-vous pu observer dans vos vignes, vis-à-vis de l’environnement et de la biodiversité ?


Beaucoup plus de fleurs différentes dans les parcelles, et beaucoup plus de gibiers, papillons, etc… ! Avant, on broyait régulièrement toute l’herbe, alors que maintenant on le fait beaucoup moins souvent et seulement un rang sur deux : on voit du coup une flore beaucoup plus diversifiée, avec des plantes qui montent à graine…


Vincent Lédée, apiculteur professionnel depuis 2006


« Je possède 200 ruches en Loire Atlantique, dans l’Ouest de la France. Le paysage qui entoure mes ruchers est essentiellement bocager, l’agriculture locale étant faite de polyculture-élevage. Cet environnement, qui peut sembler favorable aux abeilles, ne m’empêche pas de déplorer tous les ans plusieurs cas d’intoxication aux pesticides dans mon cheptel. Mon rêve serait de voir tous les agriculteurs de mon secteur se convertir à l’agriculture biologique !Mais je suis réaliste : aujourd’hui, l’agriculture conventionnelle nourrit l’essentiel de la population, notamment au travers de la grande distribution. Je sais que je ne peux pas espérer la suppression des pesticides de synthèse. Mon espoir pour mes abeilles tient donc dans des changements de pratiques quant à l’usage de ces produits.Or, selon moi, le label BEE FRIENDLY apporte une réponse pertinente. Il limite l’usage des pesticides aux molécules qui ne nuisent pas aux abeilles, mais aussi encourage les agriculteurs à d’autres pratiques bénéfiques aux abeilles et à la faune pollinisatrice sauvage comme l’implantation de haies, la diversification des cultures, etc.Aujourd’hui, l’opinion publique et les consommateurs, sont de plus en plus sensibles à la préservation des abeilles, je suis certain que les collègues agriculteurs qui se lanceront dans cette démarche en tireront eux aussi des avantages au niveau de la commercialisation de leur production. »

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