Limdor : pomiculteur – apiculteur, un partenariat intéressant pour tous

11 Mai 2022 | Relation apiculteurs agriculteurs

Jean-François Nardot est un arboriculteur de longue date : il vient de fêter sa 27ème récolte.
Producteur de pommes pour la coopérative du Limousin Limdor, partenaire historique de BEE FRIENDLY, il a toujours eu des ruches au bout de ses rangs et a toujours été sensibilisé à leur importance pour son verger.
« Sans abeilles, pas de pomme : tout part de là »


Quels ont été vos liens avec les apiculteurs : de votre première prise de contact à
aujourd’hui ?


Même si des ruches ont toujours été présentes autour de mes parcelles, j’avais peu de relation avec les apiculteurs. Les premiers contacts ont été assez difficiles et litigieux car ils avaient beaucoup de préjugés sur les arboriculteurs « tueurs d’abeilles ». Il y a donc eu cette première étape d’information sur nos pratiques et sur notre engagement pour les pollinisateurs et la biodiversité de façon plus générale. C’est à partir de là que nous avons pu créer de véritables
partenariats avec les apiculteurs.
« La priorité pour s’entendre, c’est de communiquer »
Aujourd’hui, un apiculteur vient s’occuper des ruches sédentaires placées sur les bords de mes parcelles. Au départ nous en avions installées 17 et aujourd’hui nous sommes à 85 ruches ! Entre nous, nous avons un code : à chaque fois qu’il vient, il m’envoie un SMS. Si je suis libre, j’en profite pour venir le voir et discuter avec lui. Je suis assez curieux donc j’aime beaucoup comprendre les interventions qu’ils réalisent sur leurs ruches. Ils me posent aussi des questions sur la gestion de mon verger. On échange assez souvent sur les difficultés qu’on rencontre mutuellement : cette saison n’était propice pour personne, ni pour les pommes, ni pour le miel.


Vos relations avec les apiculteurs ont-elles apporté des modifications à vos pratiques agricoles ?

« Je suis fier des abeilles présentes dans mon verger »
Le premier pas a été d’accepter de les informer de nos traitements phytos. Ce qui n’était pas facile au départ ! Nous utilisons l’application Phyto’Alerte (ie une application développée localement) pour les prévenir – aussi accessible aux riverains, promeneurs etc. – des dates des traitements insecticides et des délais d’entrée dans les parcelles. Ils ont toutes les informations qu’ils souhaitent dessus.
Pour les traitements phytos, j’ai toujours fait assez attention aux produits que j’utilise mais je fais encore plus attention depuis que j’ai été témoin de la réelle toxicité de certains. Depuis, je mets systématiquement toutes les précautions en place pour éviter de toucher les abeilles présentes dans mes vergers. Il m’est déjà arrivé de tondre toute une nuit les pissenlits de mes inter-rangs pour m’assurer que, le lendemain, ils n’attireraient pas les abeilles dans les parcelles que je prévoyais de traiter (à cause de l’humidité, il est difficile de traiter de nuit dans ma région).
J’ai aussi modifié mes « rotations » culturales. Avant chaque implantation de pommiers ou de châtaigniers, je mets toujours en place une interculture mellifère comme du colza ou du sarrasin. J’ai aussi 2 hectares de jachère fleurie sur une de mes parcelles pour améliorer la ressource mellifère de mon exploitation. Je fais attention aux fleurs présentes dans mes vergers mais aussi autour de celui-ci.
Pour moi, les relations avec les apiculteurs m’ont permis d’en apprendre encore plus sur les pollinisateurs et ainsi de mieux les protéger. Pour mon apiculteur partenaire, cela lui a permis de s’installer et s’agrandir tout en s’assurant d’un bon environnement pour ses ruches.

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